Indice RDA des dentifrices : le guide de référence

L'indice RDA mesure l'usure qu'un dentifrice inflige à vos dents. C'est le chiffre le plus utile pour choisir un dentifrice — et presque personne ne l'affiche.

Cette page rassemble ce qui est vérifiable : la définition normative, l'échelle officielle, les seuils selon votre situation, et un tableau RDA des dentifrices vendus en France — le premier en français dont chaque valeur est sourcée. Des tableaux circulent en ligne depuis des années, recopiés les uns des autres sans source ni date ; celui-ci fait l'inverse : il ne retient que les valeurs traçables, donne des fourchettes quand les mesures divergent, et dit clairement quelles marques ne publient rien.

Ce que mesure le RDA

RDA signifie Relative Dentin Abrasivity — abrasion relative de la dentine. L'indice est défini depuis 1998 par la norme DIN EN ISO 11609.

Le principe de la mesure : on brosse un échantillon de dentine avec le dentifrice testé, puis on compare l'usure obtenue à celle d'une pâte de référence. Le résultat est un nombre sans unité. Plus il est élevé, plus le produit use la dent.

Deux précisions qui changent la lecture du chiffre :

  • La mesure porte sur la dentine, pas sur l'émail. L'émail est bien plus dur : un dentifrice qui abîme la dentine exposée peut rester sans effet sur un émail intact.
  • Le RDA ne décrit que le produit. L'usure réelle dépend aussi de votre pression, de la dureté de la brosse et de la durée du brossage. Un dentifrice doux mal utilisé use davantage qu'un dentifrice moyen bien utilisé.

L'échelle officielle

Valeur RDA Classification Ce que cela implique
0 à 70 Faible abrasivité Sans danger pour l'émail, la dentine et le cément
70 à 100 Abrasivité modérée Sans danger pour l'émail ; risqué sur dentine ou cément exposés
100 à 150 Abrasivité élevée Dangereux pour l'ensemble des tissus dentaires
150 à 250 Abrasivité très élevée Seuil de nocivité : usure documentée
Plus de 250 Hors norme Non recommandé

La norme retient 250 comme limite réglementaire : en dessous, un dentifrice est considéré comme utilisable toute une vie. C'est un plafond de sécurité, pas une recommandation — 250 reste très abrasif. Les repères américains vont dans le même sens : le sceau de l'ADA (American Dental Association) exige un RDA inférieur ou égal à 250, et la FDA recommande de ne pas dépasser 200. Aucun de ces plafonds ne vaut conseil d'usage quotidien.

Le repère pratique : en dessous de 70, vous êtes tranquille quelle que soit votre situation. Entre 70 et 100, cela dépend de l'état de vos gencives. Au-delà de 100, l'usage quotidien prolongé se discute avec un dentiste.

Pourquoi le chiffre n'est presque jamais sur le tube

Parce que rien n'oblige à l'afficher. L'indice RDA n'est pas une mention obligatoire de l'étiquetage cosmétique européen. Un fabricant peut donc mesurer son RDA, le connaître parfaitement, et ne pas le communiquer.

C'est particulièrement gênant sur les produits « blancheur », dont l'effet repose souvent sur un polissage plus marqué — donc sur une abrasivité plus élevée. Un dentifrice qui blanchit vite est un dentifrice qui décape ; l'absence de chiffre empêche de savoir à quel point.

Le tableau RDA des dentifrices vendus en France

Comment ce tableau est construit

Chaque valeur provient de l'une de ces deux familles de sources, indiquée ligne par ligne :

  • Compilation académique nord-américaine : les mesures RDA publiées entre 1995 et 2008 selon la méthode Hefferren (l'auteur historique du protocole RDA), largement rediffusées dans la formation continue dentaire. Beaucoup de ces produits sont vendus en France sous le même nom.
  • Valeurs publiées par les fabricants eux-mêmes : CP GABA (elmex, meridol) et Haleon (Sensodyne Pronamel) communiquent le RDA de certaines formules.

Trois limites à garder en tête, qui expliquent le signe « ≈ » :

  • Une même pâte mesurée dans deux laboratoires peut donner des résultats qui s'écartent de l'ordre de 20 %. Le RDA est un ordre de grandeur, pas une constante physique.
  • Les formules évoluent : une mesure publiée en 2005 décrit la formule de 2005. Les valeurs de la compilation académique sont donc des repères de gamme, pas des certificats du tube en rayon.
  • Un produit absent du tableau n'est ni bon ni mauvais : cela signifie seulement qu'aucune valeur traçable n'existe (voir la liste plus bas).

Compilation arrêtée au 13 août 2026. Nos propres produits figurent dans le tableau aux mêmes conditions que les autres, avec leur source.

Le tableau, du plus doux au plus abrasif

Produit RDA Classe Source
Brossage à l'eau seule (référence) 4 Compilation académique
Bicarbonate de sodium pur (poudre pharmaceutique calibrée) 7 Faible Compilation académique
meridol ≈ 27 Faible Fabricant (CP GABA)
elmex Sensitive ≈ 30 Faible Fabricant (CP GABA)
Sensodyne Pronamel 34–37 Faible Fabricant (Haleon)
Arm & Hammer Dental Care (bicarbonate) ≈ 35 Faible Compilation académique
ÉclatDent — toutes les références du catalogue < 70 Faible Critère d'entrée au catalogue (données fournisseur)
Colgate dentifrice classique ≈ 68 Faible Compilation académique
Colgate Total ≈ 70 Limite faible/modérée Compilation académique
elmex Protection Caries ≈ 77 Modérée Fabricant (CP GABA)
Sensodyne classique ≈ 80 Modérée Compilation académique
Colgate Sensitive ≈ 83 Modérée Compilation académique
Aquafresh Sensitive ≈ 91 Modérée Compilation académique
Sensodyne Extra Whitening ≈ 104 Élevée Compilation académique
Colgate Herbal ≈ 110 Élevée Compilation académique
Aquafresh Whitening ≈ 113 Élevée Compilation académique
Colgate Whitening ≈ 124 Élevée Compilation académique
Colgate antitartre ≈ 165 Très élevée Compilation académique
Colgate 2-en-1 blancheur + antitartre ≈ 200 Très élevée Compilation académique

La lecture qui compte : l'écart va de 1 à 30 entre les extrêmes du rayon, et les produits « blancheur » des grandes marques se concentrent dans la zone élevée à très élevée — précisément celle où l'usage quotidien se discute.

Les marques qui ne publient aucune valeur

À la date de compilation, nous n'avons trouvé aucune valeur RDA traçable (ni publication du fabricant, ni mesure sourcée) pour la plupart des références de : Signal, Parodontax, Oral-B, Fluocaril, Email Diamant, Sanogyl, Vademecum, ainsi que pour la grande majorité des marques bio françaises et des dentifrices solides.

Ce silence est en soi une information. Ces produits ne sont pas nécessairement abrasifs — mais le seul moyen de le savoir est de demander la valeur au service consommateur. Une marque qui refuse de la communiquer vous renseigne déjà.

Fabricants : si vous disposez d'une mesure selon ISO 11609, envoyez-la-nous avec le rapport d'essai — nous l'ajoutons au tableau en citant la source.

Le tableau et les données de cette page sont librement réutilisables — article, blog, support patient, presse — à une seule condition : citer cette page en source, avec un lien.

Comment connaître le RDA de votre dentifrice

  1. Regardez l'emballage. Certaines marques, surtout allemandes et suisses, l'impriment. C'est rare en France.
  2. Demandez au fabricant. Le service consommateur a la donnée. Une marque qui refuse de la communiquer vous renseigne déjà.
  3. À défaut, lisez la liste d'ingrédients. Elle ne donne pas le chiffre mais indique le type d'abrasif : la silice hydratée permet des formulations douces comme abrasives ; le carbonate de calcium et surtout le bicarbonate de sodium en poudre non calibrée tirent l'indice vers le haut ; l'hydroxyapatite reste dans le bas de l'échelle.
  4. Méfiez-vous des poudres. Charbon, bicarbonate ou argile vendus en vrac n'ont aucun RDA mesuré : la finesse des particules varie d'un lot à l'autre, et rien n'est calibré.

Quel seuil viser selon votre situation

Votre cas RDA conseillé
Usage quotidien, dents et gencives saines moins de 70
Gencives qui se rétractent, collets exposés moins de 50
Dents sensibles moins de 50, avec un agent désensibilisant
Taches tenaces (café, tabac), usage ponctuel 70 à 100 au maximum, pas tous les jours
Après un blanchiment professionnel moins de 50 pendant quelques semaines

Ce que le RDA ne dit pas

Un indice bas ne fait pas un bon dentifrice. Il faut aussi :

  • du fluor, à 1450 ppm pour un adulte — c'est le seul ingrédient dont l'efficacité contre les caries fait consensus ;
  • un effet ciblé sur votre problème réel, taches, sensibilité ou gencives ;
  • une texture que vous supportez, parce qu'un dentifrice utilisé deux fois par jour vaut mieux qu'un dentifrice parfait abandonné au bout d'une semaine.

À l'inverse, un RDA élevé n'est pas automatiquement disqualifiant pour un usage occasionnel et ciblé. C'est la répétition qui use, pas l'usage isolé.

Où se situent les dentifrices ÉclatDent

Toutes nos formules sont sélectionnées sous le seuil de 70, celui de la faible abrasivité, avec du fluor à 1450 ppm — c'est la ligne « ÉclatDent » du tableau ci-dessus, aux mêmes conditions que les autres. C'est un critère d'entrée au catalogue : une formule qui décape vite mais use l'émail donne un résultat qui se retourne contre vous en quelques mois, puisqu'un émail rayé retient davantage les pigments.

Pour choisir selon votre situation, voyez notre guide d'achat ou le quiz en deux minutes.

Questions fréquentes

Un RDA bas nettoie-t-il moins bien ?

Non. Le nettoyage vient d'abord du brossage mécanique et des tensioactifs, pas de l'abrasion. Un RDA élevé accélère le retrait des taches déjà installées, au prix de l'émail.

Le bicarbonate a-t-il un RDA élevé ?

Contre-intuitivement, non — quand il est calibré. Le bicarbonate pharmaceutique en poudre fine affiche un RDA d'environ 7, car le cristal est tendre et se dissout. Le problème est ailleurs : en vrac, la granulométrie varie d'un lot à l'autre et les cristaux grossiers rayent ; et utilisé seul, il n'apporte pas de fluor.

Et le charbon actif ?

Tout dépend de la granulométrie. Les poudres brutes sont souvent trop grossières et rayent l'émail ; en dentifrice formulé, l'abrasivité est calibrée. Le charbon ne blanchit pas, il polit.

Existe-t-il une liste officielle des RDA par marque ?

Non. Aucun organisme ne publie de registre, et les tableaux qui circulent en ligne sont souvent recopiés les uns des autres, sans source ni date. C'est exactement pour cela que notre tableau cite sa source ligne par ligne, donne des fourchettes, et liste à part les marques sans valeur publiée plutôt que de leur inventer un chiffre.

Quel RDA pour un dentifrice blanchissant ?

C'est la catégorie où l'écart est le plus grand : de formules douces bien calibrées à des pâtes qui dépassent 150, voire 200 pour certaines références « fumeurs » historiques. La règle simple : un effet blancheur quotidien doit venir d'un polissage doux (RDA < 70) et de la régularité — pas d'un décapage. Les tendances 2026 vont d'ailleurs dans ce sens : correcteurs optiques comme le dentifrice violet (zéro abrasion, zéro nettoyage) d'un côté, reminéralisation par fluor ou hydroxyapatite de l'autre — tout l'écosystème converge vers l'émail préservé, exactement ce que l'indice RDA permet de vérifier.

Le RDA change-t-il selon la brosse ?

La valeur du produit ne change pas, mais l'usure réelle si. Une brosse dure et une pression forte peuvent rendre un dentifrice doux plus agressif qu'un dentifrice moyen utilisé correctement.

Ces informations sont d'ordre général et ne remplacent pas l'avis d'un chirurgien-dentiste. En cas de sensibilité, de récession gingivale ou d'usure visible, demandez un avis professionnel.

Références

Cette page ne cite que des sources consultables. Les liens ci-dessous ont été vérifiés le 21 août 2026 ; lorsqu'aucune source publique stable n'existe, la référence est donnée en texte, sans lien, plutôt qu'inventée.

La méthode de mesure du RDA

  • Hefferren, John J. « A Laboratory Method for Assessment of Dentrifrice Abrasivity », Journal of Dental Research, vol. 55, n° 4, juillet 1976, p. 563-573. DOI : 10.1177/00220345760550040301. Article fondateur de la méthode RDA (abrasion de la dentine mesurée par radiotraceur), issu du Laboratory Abrasion Committee de l'American Dental Association. Notice de l'éditeur.
  • Maragliano-Muniz, Pamela. « Protected by a safe RDA: setting the record straight about toothpaste abrasivity », RDH Magazine, 13 décembre 2016. Retrace l'origine de la méthode (Kitchin & Robinson, 1948 ; Hefferren, 1976) et son adoption comme norme internationale à partir de 1995. Lire l'article.

La norme et les seuils

  • ISO 11609, Dentistry — Dentifrices — Requirements, test methods and marking (Médecine bucco-dentaire — Dentifrices — Exigences, méthodes d'essai et marquage). Édition en vigueur : ISO 11609:2017, reprise en norme européenne EN ISO 11609:2017 ; la norme définit la mesure de l'abrasivité relative de la dentine (RDA) et de l'émail (REA) ainsi que la limite d'abrasivité. Document payant, diffusé par l'ISO et les organismes nationaux de normalisation. Nous ne donnons pas de lien : les pages du catalogue ISO n'ont pas pu être vérifiées automatiquement lors de la rédaction de cette section.
  • American Dental Association, fiche Toothpastes (Oral Health Topics). Source du plafond de 250 utilisé sur cette page : « All dentifrices at or below 2.5 times the reference value, or 250 RDA, are considered safe and effective », et condition d'obtention du sceau ADA. Consulter la fiche.

La compilation académique 1995-2008

  • Les lignes du tableau marquées « Compilation académique » reprennent des mesures RDA de produits nord-américains du commerce, réalisées selon la méthode Hefferren et publiées entre 1995 et 2008, largement rediffusées depuis dans la formation continue dentaire aux États-Unis.
  • Point d'honnêteté indispensable : il n'existe pas de registre officiel de ces valeurs. Les versions qui circulent aujourd'hui sont des tableaux PDF recopiés, souvent sans date ni référence de publication ; nous n'en citons délibérément aucun comme source primaire. La source primaire à demander est le rapport d'essai du laboratoire ayant réalisé la mesure, selon la méthode décrite par Hefferren (1976) et normalisée par l'ISO 11609.
  • C'est la raison pour laquelle ces valeurs sont notées « ≈ » et présentées comme des repères de gamme, non comme des certificats du produit en rayon.

Les valeurs communiquées par les fabricants

  • CP GABA (marques elmex et meridol) : valeurs RDA communiquées par le fabricant pour certaines formules, via sa documentation destinée aux professionnels de santé et son service consommateurs. Aucune page publique stable ne les publiait de façon vérifiable à la date de rédaction : nous ne donnons donc pas de lien.
  • Haleon (marque Sensodyne, gamme Pronamel) : même situation — valeur de fourchette communiquée par le fabricant, sans page publique vérifiable au moment de la rédaction. La page professionnelle Haleon consultée le 21 août 2026 ne publie aucune valeur RDA.
  • Ces deux lignes sont donc reprises telles que communiquées par les fabricants. Nous remplacerons cette mention par un lien dès qu'une publication officielle et stable sera disponible.

Signaler une erreur ou fournir une mesure

  • Toute valeur de ce tableau peut être contestée ou complétée. Fabricants, laboratoires et praticiens : envoyez-nous une mesure réalisée selon ISO 11609 accompagnée du rapport d'essai, nous l'ajoutons en citant la source. Une valeur sans source vérifiable n'entre pas dans le tableau — et une valeur du tableau dont la source ne tient pas en sort.

Et les dentifrices ÉclatDent ?

Les huit dentifrices du catalogue ont un RDA annoncé inférieur à 70 (donnée fournisseur : c’est notre critère d’entrée au catalogue, pas une mesure indépendante) et du fluor à 1450 ppm. C’est à ce titre qu’ils figurent dans le tableau ci-dessus. Voir les huit formules · trouver la vôtre en deux minutes.